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Le gauchiste Jovial

En finir avec le monde tel qu'il est

19 Mars 2012 , Rédigé par Ostpolitik

Chers amis, chers camarades, je tiens pour la énième fois à m'excuser des écarts temporels vertigineux qur vous pouvez observer entre mes articles. Ce n'est pas uniquement parce que je suis occupé que je n'écris pas, c'est aussi souvent parce que je n'ai pas d'inspiration, et que, contrairement à BHL, quand je sens que ce que je vais faire est mauvais, je m'abstiens d'écrire.

Si vous vivez sur la même planète que moi depuis au moins 4 ans, vous vous êtes certainement rendu compte que la finance mondialisée et le capitalisme incontrôlé sont devenus des cibles privilégiées pour notre classe politique. 

En Europe, cette pseudo prise de conscience va de pair avec la déchéance de l'idéologie dominante, idéologie qui gouverne la quasi-totalité du monde : le libéralisme.

Non pas que le libéralisme soit subitement devenu mauvais, puisqu'il en a toujours été ainsi car il y a toujours eu des gens pour dénoncer ses errements et ses contradictions ; mais aujourd'hui, après le tournant qu'a été la crise de 2008, absolument tout le monde, de l'extrême droite à l'extrême gauche semble se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond, que la machine est grippée.

Si vous avez fait un peu d'histoire vous devez certainement vous souvenir qu'il y a déjà eu une crise du système capitaliste en 1929, et que cette crise a été l'une des causes indirectes de la seconde guerre mondiale, et une des causes directes de la montée du nazisme. Après ce chatoyant intermède, de nombreuses mesures avaient été prises pour limiter les dérives du système capitaliste. Malheureusement, toutes les barrières qui avaient été mises en place ont été démantelées dans les années 80-90 par des personnages charmants et joviaux comme Margaret Thatcher ou encore Ronald Reagan.

Au risque de tomber dans des lieux communs un peu caricaturaux, disons que l'histoire se répète.

 

http://www.uia95.com/Cours%20UIA/Crise%201929/Depression_Soup_line_national_Archives.png

soupe populaire en 1929

 

Les digues n'ont pas seulement été brisées, la déréglementation a été amplifiée, au point de faire des marchés financiers de véritables espaces d'anarchie, dans le mauvais sens du terme.

Heureusement, les penseurs et décideurs néo-libéraux ont toujours de bonnes excuses pour nous expliquer leurs mesures absurdes : Tout d'abord l'autorégulation. Si ce concept était vrai, l'économie pourrait se réguler toute seule, car en économie traditionnelle on postule que tous les être humains ont un comportement rationnel vis à vis du marché.

Tout d'abord ce postulat est faux, surtout en ce qui concerne les marchés financiers. Si il en vait été autrement tous les économistes auraient pu prévoir la crise financière de 2008.

Sachant cela, il est amusant de constater que l'un des passe-temps favoris de la droite est de qualifier les gens de gauche d'"utopistes" : une thèse, majoritairement de droite, qui postule et continue de postuler que de marchés vont s'autoréguler, sans avoir besoin de lois, ni parfois même de contrôles, une théorie politique qui compte sur les actions "rationnelles" des êtres humains sans prendre en compte leurs erreurs ou leurs émotions n'est elle pas mille fois plus utopiste que le socialisme ?

Le libéralisme est bourré de contradictions : il promeut "l'égalité des chances", c'est à dire le fait que tout le monde parte du même point, et que chacun tente de monter le plus haut possible sur l'échelle sociale. Mais un tel concept politique devrait être accompagné d'une politique de développement, d'éducation, pour permettre à chacun de partir du même niveau que les autres. Alors pourquoi la politique libérale détruit-elle le service public ? Pourquoi réserve-t-elle les meilleures écoles à ceux qui ont les moyens de se les payer ? Ou est la logique là dedans ?

 

http://www.verylou.com/Public/Photos/Peoples/349/54bb1f62050102ceb172a80c36084ab10574c20182af410b92049d22939f69cbbd874cb64ff6c0d0b_1.jpg

Jeune prolétaire bénéficiant de l'égalité des chances.

 

Les néo-libéraux ont tenté d'atteindre la liberté par la liberté. Et cela pose un autre problème. Tout le monde est censé être "responsable" et se démerder pour parvenir au sommet, de préférence en écrasant les autres, au mépris de l'égalité et de la fraternité de la part d'un modèle qui est bien plus proche de l'oligarchie que d'une véritable démocratie.

Dans cet incroyable société, chacun est en concurrence avec tout le monde : le Nord avec le Sud, les pays, les régions, et surtout les gens entre eux. La justification courante de ce modèle inégalitaire, c'est la possibilité de monter dans l'"ascenceur social". Ce qui est bien souvent illusoire, puisqu'aucun moyen de gravir les échelons n'est donné à ceux qui sont en bas. Eux, ce sont juste des assistés.

Les libéraux sont également allergiques à l'Etat, principalement parce qu'il les empêche de faire n'importe quoi. Ainsi, partout ou ils se trouvent au pouvoir, ils s'évertuent à le démolir. Cette idée est particulièrement problématique dans notre pays, qui est une nation "une et indivisible" composée de populations très diverses, maintenues ensemble par des principes. Et qui est le garant de ces principes ? Je vous le donne en mille : c'est l'Etat. Les libéraux veulent démolir ce qui est encore le ciment du peuple français : Moins l'état a d'importance, moins le peuple est fort.

De plus, le fait de rendre l'Etat moins puissant, en tout cas en apparence, lui donne moins de capacités d'agir, et participe au désamour ambiant du peuple pour la politique, qui trouve souvent que tout se ressemble et que rien ne change.

 

 

 

 

Le modèle libéral est en train de tomber en miettes. Et les gens sont en train d'en prendre conscience.

Alors, dans leur infinie sagesse, les libéraux ont trouvé une parade, un écran de fumée qui permet de détourner les gens des véritables responsables : l'extrême droite. Dans toute l'Europe les partis de droite populiste sont montés en puissance. Par exemple, en France, le Front Nazional se place en parti anti-système, parce qu'il est le seul à dénoncer l'islamo-fascisme et les bougnoules qui mangent la viande Halal des français, il saupoudre tout ça avec un peu de socialisme (national), et sert cette bonne tambouille électoraliste aux plus fragiles de nos concitoyens.

Jusqu'à très récemment, cela arrangeait bien les libéraux qui pouvaient continuer à déréguler la finance mondiale, pendant que le FN pointait son doigt crochu dans l'autre direction, vers les plus faibles. Aujourd'hui, cette machine bien huilée péclote un peu : il semble qu'il y a du sable rouge dans les rouages.

Et c'est tant mieux.

 

 

 

 Votre tortue ninja, Ostpolitik

 

 

 

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