Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le gauchiste Jovial

Le duel.

24 Février 2012 , Rédigé par Ostpolitik

Mes amis, il y a bien longtemps que nous n'avions pas vu un tel moment de télévision. Hier soir, comme vous le savez sans doute, Marine Le Pen était l'invitée de l'émission "Des Paroles et des Actes" sur France 2. En l'occurrence il s'agissait plutôt de paroles.

Ayant des difficultés immenses à supporter le visage goguenard de la mère Le Pen plus de 20 minutes sur une chaîne de télévision, je n'ai que très peu suivi le début de l'émission, début d'émission qui était apparemment assez terne et qui n'a servi qu'à démontrer une fois de plus que le programme économique du Front National est aussi crédible que François Hollande en tutu.

Mais qu'importe, ce n'est pas de ceci dont je veux vous parler.

Je ne veux pas non plus vous parler de l'échange cordial qui a eu lieu entre M. Guaino et Madame Le Pen, ou les deux protagonistes expliquaient pourquoi ils étaient d'accord pour dire que c'était la faute des arabes si le pays allait mal, et je ne veux pas non plus vous parler des quelques questions "Vrai / Faux" qui n'avaient pas grand intérêt, sinon de démontrer que madame le Pen ne condamne pas le régime Syrien, et qu'elle propose de supprimer le permis à point (qui est une des raisons de la baisse du nombre de morts sur les routes) sans offrir de solution alternative.

Je veux vous parler du débat qui a suivi, et qui l'a opposée au candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Le Pen avait prévenu Mélenchon qu'elle lui préparait une "surprise" pour le débat. Il est vrai qu'il n'était pas si difficile de savoir ce qui allait se passer : allait-elle donner de vrais arguments ? Expliquer pourquoi son parti, qui est censé aider les ouvriers, à voté contre une motion de soutien aux salariés de Fralib en région PACA ? Expliquer comment elle compte financer l'intégralité de son programme en perdant les 12 milliards que rapportent les immigrés à notre pays ?

Non madame Le Pen à agi comme l'aurait fait n'importe quelle fille à papa : Elle a boudé.

 

http://img26.xooimage.com/files/1/9/f/enfant-qui-boude-ca3b2c.jpg

"M'en fous je débattrais pas ! Na !"

 

Je ne veux pas trop m'attarder sur la séance de bouderie, même si je vous avoue que j'ai pris un certain plaisir à la regarder : voir Marine Le Pen, baissant la tête, le nez dans ses fiches pendant que Mélenchon pointait les faiblesses de son programme, sans que la patronne du FN ne contre-argumente une seule fois était assez amusant. Mais il est important d'aller plus loin que les titres que l'on a pu voir dans la presse qui se contentaient de dire que "Marine Le Pen refusait le débat", et d'apporter un éclairage sur certains articles parfois malhonnêtes qui ne rapportaient de la confrontation que les charges de Madame Le Pen, sur lesquelles je reviendrais plus tard.

Mélenchon a joué la partie assez finement. D'ailleurs, je le soupçonne d'avoir prédit les intentions de madame Le Pen de ne pas lui répondre puisqu'il a choisi de l'attaquer sur un sujet dont il savait qu'elle ignorait tout, puisqu'il s'agit d'une question d'égalité.

Il s'agissait d'égalité entre les hommes et les femmes pour être tout à fait précis.

Le candidat du Front de Gauche a tout de suite attaqué le projet de Marine Le Pen de ne plus rembourser les IVG "de confort" (c'est quand on tue son bébé pour le plaisir) réservant ainsi le droit à l'avortement aux femmes les plus riches, et fermant la porte de cette solution parfois libératrice aux femmes les plus pauvres, ainsi qu'aux plus jeunes qui sont précisément celles qui auront le plus de mal à élever un enfant non désiré. Madame Le Pen n'a rien dit.

Ensuite, Jean-Luc Mélenchon l'a attaquée sur un amendement proposé par son parti au parlement européen qui disait en substance, que les hommes et les femmes étaient inégaux par nature, alors que quelques minutes avant le débat elle défendait l'égalité salariale. Madame Le Pen n'a rien dit.

Mélenchon l'a également accusée de pousser les femmes à retourner dans leurs cuisines, en les payant à hauteur de 80% du salaire minimum, ce qui est inférieur au seuil de pauvreté, il a également pointé du doigt son idée d'autoriser les "mères porteuses"ce qui revient à considérer le corps féminin comme une marchandise, et Mélenchon a aussi critiqué son projet de supprimer les soins pour les personnes en situation irrégulière, en déclarant que les microbes ne se soucient pas de qui a des papiers ou non.  Madame Le Pen n'a rien dit.


La totalité du débat.
Comme promis, venons en à ce qu'a dit Marine Le Pen.
Malheureusement, elle ne s'est pas contentée de garder le silence durant les 24 minutes de présence de Mélenchon sur le plateau. Elle a simplement déclaré qu'elle ne voulait pas débattre avec un "petit candidat" qui serait la "voiture-balai du PS". Mais ce qu'elle à démontré en disant cela c'est son mépris pour le peuple français, qui se reconnaît peut être en certains de ces candidats. De plus, une telle déclaration n'est-t-elle pas surprenante de la part d'une femme qui voulait se dresser contre le système "UMPS" des deux grands partis ? Il faut croire qu'elle a fini par rejoindre le système qu'elle prétendait dénoncer. Ou peut être a-t-elle toujours été à l'intérieur ?
Elle a ensuite déclaré qu'elle acceptait de débattre avec le candidat du Front de Gauche si celui-ci s'excusait pour l'avoir insultée, et si il promettait de ne pas se ranger derrière Hollande.
Ce dernier argument montre une vision étroite, archaïque des élections par madame le Pen. Les consignes de vote ne sont plus que des ornements. Elle l'a dit elle même un peu avant le débat "les gens ne croient plus au clivage gauche-droite". Alors, si ils ne croient plus à ce clivage, pourquoi se "rangeraient" ils derrière un candidat ? Pourquoi, des consignes de vote, en admettant qu'elles soient données auraient elles un quelconque effet ? Pour reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon : "Les gens n'en font qu'à leur tête, et c'est tant mieux".
Passons maintenant aux insultes. Pour être franc, je m'attendais à ce que Marine Le Pen déclame une liste de tout ce que Mélenchon avait dit à son propos. Je m'en doutais, car cela colle parfaitement à la stratégie du Front National de lister, sans expliquer, pour faire réagir les gens avec leurs émotions et pas avec leur tête.
Il est vrai qu'à mon sens ces interpellations plutôt virulentes n'élèvent pas le débat. Mais ces mots très durs étaient toujours accompagnés d'explications, et de contre-arguments pour mieux combattre le parti d'extrême droite.
Et ce point là n'a pas été relevé par la plupart des médias. Mélenchon, pugnace, n'a d'ailleurs pas hésiter à en rajouter une couche, en jurant sur l'honneur de combattre le Front National partout ou il le pourrait.
Ce soir là, Marine Le Pen avait l'air épuisée.
                                                          
Votre vindicatif, Ostpolitik

 

 

 

 

Partager cet article

Commenter cet article