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Le gauchiste Jovial

Le Nucléaire, un débat Centrale.

27 Novembre 2011 , Rédigé par Ostpolitik

C'est donc sur ce jeu de mot d'une qualité rare, que les esprits chagrins et autres ayatollahs de la bien-pensance linguistique ne manqueront point de qualifier de "faute d'orthographe" que nous nous retrouvons, après une période d'absence, que je justifierai, avec une grande simplicité, par le terme de "flemme".

 

Ces derniers temps, l'actualité s'est teintée d'une couleur un peu terne, mêlant le rose pâle et le vert clair.

Cette couleur n'évoque pas seulement le cadavre de la petite Agnès retrouvé calciné dans une forêt, mais également les mésaventures qui ont parsemé l'accord entre Europe Ecologie les Verts (EELV) et le PS. Je vous avoue volontiers que je n'ai pas suivi ces négociations dans les détails, mais je tiens à vous en faire partager les grandes lignes, car je suis infiniment bon : Les Verts ont échangé plus d'une soixantaine de circonscriptions, qui devraient leur assurer 25 à 30 sièges à l'Assemblée en cas de victoire de la Gauche, contre un accord ma foi plutôt vide, qui fait finalement peu bouger le programme du PS.

Eva Joly, qui n'est à la base pas politicienne, mais juriste, à préféré jouer la carte de la franchise en déclarant qu'elle a été "déçue" par cet accord, avant de se faire recadrer par son parti quelques jours après. Il faut dire que lors d'une campagne présidentielle, il est suicidaire pour un candidat de jouer en solo,et qu'il vaut mieux laisser de coté ses opinions personnelles.

Il y a eu d'autres dessous un peu sombres et mystérieux à cet accord, qui ne finit décidement pas de faire parler : François Hollande aurait, sous la pression d'Areva, effacé un passage de l'accord déjà signé, qui faisait des concessions aux Verts.

Ce geste n'est pas dénué de signification : Il fait surgir un certain mépris du Parti Socialiste pour les autres parti de gauche, il montre que les écologistes n'ont pas hésité à sacrifier certaines de leurs convictions (et non des moindres, Hollande étant opposé à la sortie du nucléaire) pour des sièges à l'assemblée, et enfin, il pose une question : Un homme politique qui fait des concessions aux lobbies avant même d'avoir été élu aura-t-il la carrure pour faire face à la crise ?

 

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Le Figaro, un exemple de journalisme professionel

 

En France le nucléaire occupe une place toute particulière. Introduit dans le pays sans l'accord du peuple, et après des discussions entre partis, principalement les gaullistes et les communistes, l'énergie atomique occupe aujourd'hui près de 75% de la production nationale d'électricité. La France est également le pays au monde qui possède le plus grand nombre de centrales au kilomètre carré. Les entreprises françaises qui construisent et exploitent ces centrales ne vous sont sans doutes pas inconnues, on retrouve Areva, mais aussi EDF, Alstom, Bouygues, Vinci... Bref, que du beau monde !

Certains joyeux naïfs, à l'air béat et à l'esprit guilleret, ont pu penser que l'accident de la centrale de Fukushima au Japon allait pouvoir changer les choses, dans notre beau pays. Mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Aujourd'hui, mis à part les Verts qui ont perdu leur âme avec cet accord, plus aucun parti important ne propose une sortie du nucléaire. Même Jean-Luc Mélenchon, qui s'est déclaré contre le nucléaire "en tant que citoyen" se voit obligé de proposer un référendum sur le sujet, à cause du PCF, formation majoritaire de la coalition du Front de Gauche et qui a toujours été pro-atome.  Le PS est contre, et veut également continuer la construction du réacteur flambant neuf de Flammanville, même si les socialistes parlent quand même de l'importance des énergies renouvelables, on ne peut que rester dubitatifs devant ce choix.

 

http://media.rtl.fr/online/image/2011/0314/7668349349_la-carte-de-france-des-centrales-nucleaires-la-part-du-nucleaire-en-france.jpg

Un récapitulatif des endroits où les enfants ont trois bras.

 

Au delà du simple fait politique, qui a finalement conduit Areva à insérer par voie anale une barre d'Uranium enrichi dans François Hollande, il ne faut pas perdre de vue que le débat sur le nucléaire a surtout des implications écologistes.

Sur ce point, le fait d'être consensuel a autant d'intérêt que la candidature d'Hervé Morin. Le nucléaire, ce doit être oui ou non. Le fait d'enlever une centrale par ci, et d'ajouter un réacteur par là ne changera rien. Si on estime qu'il y a un danger, ce qui est mon avis, avis que je considère d'ordinaire comme le meilleur, alors il faut alors démanteler TOUTES les installations nucléaires, et ce n'est pas en faisant des compromis et des concessions que l'on va avancer.

 

Le pays a d'autres moyens de s'en sortir, la recherche sur les énergies renouvelables avance à grand pas, et ce ne sont pas les solutions qui manquent : la géothermie, le solaire, l'éolien, l'énergie mécanique de la mer...

La seule chose qui manque vraiment, c'est comme souvent, une volonté politique forte face aux géants de l'atome.

Ils sont sur une position radicale pour sauver leurs profits, soyons sur une position radicale pour sauver nos vies.

 

En attendant l'irradiation, je vous propose de vous détendre en écoutant un peu de musique :

 

 

 

Votre Atomique, Ostpolitik

 

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