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Le gauchiste Jovial

On s'emmerde toujours autant

14 Novembre 2012 , Rédigé par Ostpolitik

Le changement c'est maintenant. Au moins la phrase, ou plutôt le slogan, a le mérite d'avoir marqué les esprits.

 

Depuis quelques mois, on se rend bien compte que le changement, c'est plutôt sur la forme que sur le fond. Nombreux on été les commentaires sur le contraste important apporté par le président Hollande, et je ne vais pas m'appesantir sur sa montre Swatch, son look banal et la platitude de ses discours qui ne méritent pas vraiment l'éclairage sublime et novateur de mon analyse.

Ce qui est beaucoup plus intéressant, c'est bien évidemment le fond. Et là, il faut avouer que le changement est plutôt moindre. Et j'ai même envie d'utiliser un mot un peu pourri en disant que le changement est timoré. Alors certes, le gouvernement socialiste à détricoté une bonne partie des réformes sarkozystes, et oui, il a adopté un discours moins stigmatisant, plus policé, plus doux que celui de ses hargneux prédécesseurs. Mais dans le fond la ligne politique de Hollande est engluée dans une sorte de consensus mou (pléonasme) dont il ne veut pas sortir.

Prenons des exemples concrets :

 

- La fiscalité : Le gouvernement prévoit diverses hausses d'impôts et de cotisations patronales. Un groupe de charlatans et de guignols exilés fiscaux se forme et le fait reculer.

 

-Le droit de vote des étrangers : Cette promesse de campagne semble au point mort au vu de l'opposition qu'elle suscite dans l'opinion publique.

 

- Le Mariage Homosexuel : Sur cette mesure, peut être que je m'avance un peu. Mais depuis les multiples manifestations d'homophobie et autres manifestations homophobes qui ont éclaté à travers le pays, le gouvernement semble s'être étrangement distancié de cette question.

 

 

François Hollande est tellement obnubilé par le consensus qu'il semble revenir sur ses décisions à chaque fois qu'un peu d'opposition se fait entendre. On dirait simplement que le président cherche à contenter tout le monde, ou en tout cas ceux que l'on entend le plus : la droite, le PS,  Angela Merkel, Obama, les financiers, les catholiques...

Seulement, il ne s'agit pas de la bonne méthode à adopter. Je signale juste en passant que beaucoup de commentateurs ont attribué l'affaiblissement d'Obama et la virulence des attaques à son endroit au fait qu'il faisait beaucoup trop de concessions à l'opposition.

La politique du consensus, ce n'est pas une politique démocratique. C'est nier le débat de considérer que tous les arguments sont bons et c'est nier toute forme d'idéologie de donner raison à tous les camps. Cette vision de la politique évite peut être les lois rétrogrades et autres retours en arrière facho-conservateurs, mais bloque également toute possibilité d'avancées sociales ou de grandes réformes.

 

http://www.mymiamiconnection.com/wp-content/uploads/2012/01/Flan-picture.jpg

Ceci est un flan. N'y voyez aucune malice.

 

Il y a peut être autre chose qui rend ce brave François Hollande aussi mou du zgeg : les institutions de la Vème République.

Cette constatation peut vous paraître quelque peu paradoxale, puisque le président de notre République est un des dirigeants démocratiques les plus puissants du monde occidental. Mais c'est peut être justement pour ça que François Hollande semble aussi immobile. Mener une politique aussi mollement centriste à la tête d'un système qui fait la part belle aux grandes réformes bien visibles et aux coups d'éclat n'est peut être pas la meilleure solution pour se faire apprécier par la population.

On en dira ce qu'on voudra, mais l'opinion publique s'est "monarchisée" sous la cinquième, et il semble urgent de se diriger vers un système parlementaire ce qui pourrait ironiquement être facilité par les institutions existantes, qui permettent de lancer rapidement des réformes de grande ampleur.
Un système beaucoup plus parlementaire, avec un président qui ne serait que le garant de l'unité de la nation permettrait d'améliorer les possibilités de débat entre les différentes composantes politiques du pays. Non seulement les politiques unilatérales seraient plus difficiles, mais l'opposition ayant davantage de pouvoir, les décisions seraient également beaucoup plus discutées et surtout révisées.

En revanche, et toujours dans cette optique de réforme des institutions, il est important de conserver un système d'élection majoritaire, afin d'avoir des majorités claires à l'assemblée et d'éviter des coalitions que j'ai envie de qualifier de manière provocante de "contre-nature" à la manière de celles que l'on trouve en Allemagne.

 

Voilà, pour changer la vie, il suffit juste de changer le président ET les institutions. Rien de bien compliqué.

 


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