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Le gauchiste Jovial

The primaires 2.

10 Octobre 2011 , Rédigé par Ostpolitik

Sacrebleu.

Pour une surprise, on peut dire que c'est une surprise.

En tout cas une surprise partielle, quand on se souvient avoir déjà étés sous le joug d'un étonnement mêlé d'incrédulité lors d'une autre primaire, aux sondages prometteurs pour un certain Nicolas Hulot, qui a fini par se prendre une magistrale douche froide, sans shampoing, de la part des militants écologistes.

C'est tout de même la deuxième fois que les sondeurs essayent d'analyser un corps électoral dont ils ne connaissent rien, avec les mêmes méthodes qu'ils utilisent pour une élection "normale". Mais bon, on ne peut pas trop en vouloir à ses braves sondeurs. Ils ne font que leur boulot, et même en période de crise il faut noircir les pages du Figaro...

Enfin, je m'égare, et revenons en plutôt à nos éléphants. La surprise, dont je m'extasiais à grands renforts de joie de vivre au début de cet article, tient moins de l'écart plus faible que prévu entre les deux "présidentiables", Hollande et Aubry que du score plutôt élevé d'Arnaud Montebourg.

Le playboy de Saône-et-Loire a en effet créé la surprise en obtenant un score de 17%, alors que les sondages les plus optimistes le créditaient de 11%. Le candidat le plus à gauche des primaires se retrouve donc dans une position fortement enviable qui consiste à se faire lécher gouluement les bottes par le duo de tête, qui semble subitement envahi d'une grande sympathie pour Montebourg, et pour son programme aussi proche de celui de François Hollande que Benjamin Lancar du poste de ministre de la culture.

Cependant, si l'on suit une certaine logique, c'est à Martine Aubry, plus à gauche que Hollande, que devrait revenir la majorité de ces voix.

Ce score élevé du chantre de la "démondialisation" va forcer les participants au second tour à insérer certaines idées "montebourgiennes" dans leurs programmes, ou à lui promettre un poste important dans un hypothétique gouvernement de gauche en 2012.

Force est de constater que la campagne à l'américaine de Montebourg a porté ses fruits: stand-up, tour de France dans un camion, références à Bob Marley... De plus dans le contexte actuel de crise, ses idées radicales, comme la mise sous tutelle des banques, ont séduit un nombre non négligable d'électeurs français.

 

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/15489145.jpg

Montebourg, petite ville de Basse-Normandie

 

Après ce petit intermède rigolard, jouant sur l'homonymie du compagnon d'Audrey Pulvar avec cette charmante bourgade, revenons en à notre sujet.

Les autres candidats s'en tirent beaucoup moins bien. Ségolène Royal est renvoyée à la quatrième position avec seulement 7% des suffrages. C'est un véritable désavoeu pour l'ex-candidate à la présidentielle de 2007, qui a perdu son électorat traditionnel des quartiers populaires. Cependant, elle déclare vouloir "continuer à peser" dans la primaire et a rencontré Arnaud Montebourg et Martine Aubry ce Lundi.

Les autres candidats ne sont pas non plus à la fête, mais ils ont tout de même été moins surpris par leur score. Manuel Valls, le représentant de la gauche "qui dit la vérité" récolte seulement 6% des suffrages, c'est à dire très certainenement le nombre de militants UMP qui se sont déplacés pour voter aux primaires socialistes. Valls s'est empressé d'apporter son soutien à Hollande dès le soir du premier tour.

De son côté, Jean-Michel Baylet, candidat aussi utile qu'une boite de préservatifs chez Christine Boutin, n'obtient que 1% des voix, et ne pourra donc pas réaliser son projet secret de controler le monde. 

 

Certains disent même que JMB serait une langouste géante.

http://www.martinica.org/photos/langouste.jpg

 

 

Pour terminer, il semble important de souligner le succès qu'ont eu ces primaires, près de 2 millions de français se sont déplacés en ce Dimanche grisâtre, et c'est peut être la naissance d'un mode de désignement inconnu en France jusqu'à aujourd'hui, mais allègrement pratiqué aux Etats-Unis. Ce scrutin, que l'on peut critiquer pour les divisions qu'il pourrait créer, a au moins le mérite de faire vivre un peu le débat politique.

D'ailleurs même certains hommes politiques de droite ont approuvé cette primaire. Notre joyeux premier ministre l'a par exemple qualifiée de "moderne".

Contrairement à la majorité qui a déjà pré-désigné son candidat ?

Je vous laisse seuls juges de cette question totalement arbitraire et pleine de sous entendus.

 

 

                                                                                                                                                            Votre Pasteurisé, Ostpolitik

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